Journal De Bruxelles - Tour des Flandres: Mads Pedersen, le troisième homme, repart en chasse

Euronext
AEX -4.12% 841.29
BEL20 -4.68% 4093.59
PX1 -4.26% 7274.95
ISEQ -4.7% 9703.53
OSEBX -5.01% 1396.13 kr
PSI20 -4.75% 6635.79
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -3.13% 2624.78
N150 -6.07% 3123.92
Tour des Flandres: Mads Pedersen, le troisième homme, repart en chasse
Tour des Flandres: Mads Pedersen, le troisième homme, repart en chasse / Photo: DAVID PINTENS - BELGA/AFP

Tour des Flandres: Mads Pedersen, le troisième homme, repart en chasse

"S'il y en a un qui le mérite, c'est lui": Mads Pedersen repart en chasse d'une première victoire dans un Monument dimanche lors du Tour des Flandres et prévient: "Je ne me suis jamais senti aussi fort".

Taille du texte:

Le tennis a eu David Nalbandian et aujourd'hui Alexander Zverev, champions sans titre du Grand Chelem à leur palmarès. Le cyclisme, lui, a Mads Pedersen, un monstre physique, cochant toutes les cases pour briller sur ces classiques séculaires qui finissent pour l'instant toujours par lui échapper.

Il faut dire qu'il est tombé sur une génération exceptionnelle qui, comme les Nadal-Federer-Djokovic, ne laisse que des miettes. A eux deux, Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel ont gagné dix des douze derniers Monuments et seront encore les grands favoris dimanche.

"Ils sont au-dessus", convient Pedersen qui pourrait maudire le destin de l'avoir parachuté à la même époque que les ogres. Mais le Danois, réputé pour son franc-parler, estime qu'il "faut se féliciter qu'ils soient là car ils rendent le cyclisme plus intéressant et populaire, plutôt que d'être dégoûté".

A 29 ans, le guerrier viking, jamais aussi bon que quand les éléments se déchaînent, possède déjà un palmarès exceptionnel: 50 bouquets dont un titre de champion du monde, sous le déluge de Harrogate au nord de l'Angleterre en 2019, et des victoires d'étape dans les trois grands Tours ou encore dernièrement à Paris-Nice, sous des trombes d'eau.

- Il rêve de Paris-Roubaix -

Reste donc à conquérir un Monument, à Milan-Sanremo, au Tour des Flandres où il a été deuxième en 2018 et troisième en 2023, ou à Paris-Roubaix où il avait fait troisième l'an dernier. Les deux autres -– Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie -- sont a priori hors de portée de son gabarit trop lourd.

"Par rapport au coureur qu'il est et les victoires qu'il a, c'est assez impressionnant de savoir qu'il n'a toujours pas un Monument à son palmarès, constate le vice-champion olympique français Valentin Madouas. Il a été champion du monde, il a gagné sur le Tour, c'est la seule chose qui lui manque. S'il y en a un qui le mérite, c'est lui."

A choisir, Pedersen préférerait Paris-Roubaix. "Mais si je finis ma carrière en ayant gagné le Tour des Flandres et pas Paris-Roubaix, je serais plus qu'heureux. C'est vous qui me demandez quelle est la course dont je rêve le plus, mais un Monument reste un Monument", insiste-t-il.

Dimanche dernier, il a fait très forte impression en remportant son troisième Gand-Wevelgem après un solo de 56 km, "une masterclass" selon Alex Kirsch, son coéquipier et ami luxembourgeois chez Lidl-Trek.

"Je ne me suis jamais senti aussi fort", prévient Pedersen qui avait déjà voltigé comme une libellule dans les cols sur Paris-Nice en mars.

- Dur au mal -

Suffisant pour décrocher Pogacar et Van der Poel dimanche dans les monts ?

"Je sais qu'ils sont meilleurs grimpeurs que moi mais je compte sur mon équipe pour jouer le surnombre. Après, penser que je vais dévoiler mes plans devant la presse, ça ne fait aucun sens", répond-il.

Coureur apprécié dans le peloton, le Danois est un dur au mal qui s'inflige des séances inhumaines à l'entraînement, selon son manager Steven de Jongh, et qui aime parler cash en dehors.

Quelles leçons tire-t-il de sa victoire à Wevelgem ? "Que dalle. Les deux principaux favoris pour dimanche n'étaient pas là", réplique le père de famille qui déteste les stages en altitude, devenus un point de passage obligé pour tous les leaders, sauf lui.

Le Danois préfère les courses et il est l'un des rares à faire toute la campagne des Flandriennes.

"Je vais préparer le Tour des Flandres comme toutes les autres courses. Trop y penser, aller trop dans le détail risque de se retourner contre toi. Je veux juste faire la course", dit-il.

En espérant enfin trouver la lumière dans un Monument et placer cette "dernière pièce du puzzle" qui continue à glisser entre ses mains.

X.Maes--JdB