

Tir à l'arc: Lisa Barbelin, l'arc et la fac
"Ce qui est rigolo, c'est quand les profs demandent une photo": sportive le matin, étudiante l'après-midi, l'archère Lisa Barbelin retrouve depuis quelques mois le rythme de la compétition aussi bien que celui des cours, après une année dédiée aux JO.
Sélectionnée pour la première manche de Coupe du monde en Floride (8-13 avril), qui marque le début de la saison en extérieur, la médaillée de bronze en individuel à Paris s'est entretenue avec l'AFP lors d'un point-presse, entre un entraînement à l'Insep et ses cours à la Sorbonne.
"En général, je fais une demi-journée puis une demi-journée", explique la Mosellane de 24 ans, qui validera en fin d'année sa licence de chimie. "Ce n'est pas évident car il y a cette culpabilité de ne pas être autant à l'entraînement que les autres. Mais j'ai gagné la sélection (pour la Coupe du monde), donc ça se passe bien".
- "Le goût d'apprendre revient vite" -
Pendant un an, Lisa Barbelin avait mis entre parenthèses ses études pour se consacrer à la préparation olympique. Elle a passé sa licence "en sept ans, à cause ou grâce aux Jeux", dit en souriant celle qui n'a jamais envisagé d'arrêter l'université: "ce n'était pas ma façon de faire et mes parents m'en auraient peut-être voulu".
La reprise n'a, elle, rien eu d'évident car si "le goût d'apprendre revient très vite, les maths et la physique, ce n'est pas facile".
Mais elle a eu "la chance d'avoir une fac qui est au taquet avec moi, et des professeurs qui sont extraordinaires (...) ils comprennent ce qu'il se passe, ils comprennent que mon travail, c'est être sportive de haut niveau".
Et le retour à l'université "m'a permis de voir autre chose. J'étais moins souvent à l'entraînement, mais j'avais la tête beaucoup plus libre pour faire du tir à l'arc finalement car j'avais moins la tête dans le guidon".
Selon Lisa Barbelin, la médaille a aussi apporté encore plus de "légitimité" à sa démarche: "J'ai mis en place tout un stratagème d'aménagement d'études et ça s'est bien passé donc ça peut montrer que ça marche".
Une médaille qui s'accompagne aussi de situations insolites, avec "des fois des étudiants qui me demandent une photo. Et ce qui est rigolo, c'est quand ce sont les profs qui le demandent!".
- Objectif Mondiaux -
En parallèle, l'apprentissage se poursuit sur le pas de tir. Lisa Barbelin a appris la "vie de médaillée" et "ce n'est pas quelque chose d'inné".
"Le retour à la compétition a été hyper difficile car je sentais que j'avais l'obligation de faire les choses correctement, explique-t-elle. Donc j'ai appris à prendre du recul".
La sportive s'est aussi pris "des tôles" en début d'année "entre les qualifications des championnats d'Europe (en février, elle a finalement décroché le bronze), les qualifications du Tournoi de Nîmes (en janvier) où je me suis complètement plantée. Là on est obligé de se remettre en question, ça m'a fait beaucoup avancer".
La Française a ensuite terminé deuxième de la Coupe du monde en salle. Désormais, Lisa Barbelin s'attaque à la saison en extérieur avec en ligne de mire les Championnats du monde en septembre à Gwangju (Corée du Sud).
"C'est le gros objectif. J'ai aussi celui de participer à la finale de Coupe du monde, et monter dans le classement mondial (6e) car cela permet d'être sélectionnée pour les Jeux olympiques. Je commence à préparer le terrain" pour Los Angeles.
Enfin, l'étudiante pourrait aussi prendre part aux Mondiaux universitaires en juillet. "C'est la dernière année où je peux les faire, donc j'espère y participer".
W.Baert --JdB