

Vague de licenciements et restructuration massive du ministère de la Santé américain
Le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr a annoncé jeudi qu'il réformait son ministère de fond en comble, une restructuration qui passe par la suppression de près d'un quart des effectifs, y compris 10.000 licenciements.
Cette annonce survient au moment même où les Etats-Unis font face à une crise sanitaire d'ampleur avec la reprise de la rougeole, une maladie grave très contagieuse, qui a contaminé plus de 380 personnes et fait deux morts, les premiers enregistrés dans le pays en une décennie.
Selon le plan du ministre de la Santé Robert Kennedy Jr, vivement critiqué par les professionnels de la santé pour sa gestion de cette épidémie, environ 10.000 personnes vont être limogées. Quelque 10.000 autres postes seront supprimés après des départs volontaires ou en retraite anticipée, précise un communiqué. Les effectifs du ministère passeront de 82.000 employés à temps plein à 62.000.
Ces licenciements concernent divers services du ministère et des agences qu'il supervise, notamment celles chargées de la réponse aux épidémies ou encore de l'approbation de nouveaux médicaments.
- Coupes dans l'appareil fédéral-
Il s'agit des dernières coupes dans l'appareil fédéral annoncées par le gouvernement de Donald Trump, qui procède depuis son retour au pouvoir en janvier à des limogeages massifs, souvent contestés en justice.
La restructuration annoncée jeudi prévoit également la réduction du nombre de départements au sein du ministère de 28 à 15 et la fermeture de la moitié de ses antennes régionales.
Toutes ces mesures doivent permettre selon le communiqué de réaliser une économie d'environ 1,8 milliard de dollars par an -- soit 0,1% du budget annuel du ministère chargé de la santé des plus de 340 millions d'habitants des Etats-Unis.
"Cette refonte sera une solution gagnant-gagnant pour les contribuables", assure Robert Kennedy Jr, qui a pris les rênes du ministère mi-février en promettant de s'attaquer aux institutions qui "volent la santé" des Américains.
"Nous ne nous contentons pas de réduire la prolifération bureaucratique" du ministère, "nous réorientons l'organisation vers sa mission principale et nos nouvelles priorités pour inverser l'épidémie de maladies chroniques", a-t-il assuré.
- "MAHA" -
Cet ancien avocat en droit de l'environnement est la figure de proue d'un mouvement baptisé "Make America Healthy again" qui vise à "Rendre à l'Amérique sa santé", un slogan calqué sur le célèbre MAGA ("Make America Great again") de Donald Trump.
La réforme doit permettre au ministère de consacrer ses efforts à la lutte contre les maladies chroniques comme l'obésité, via une alimentation plus "saine, une eau propre et l'élimination des substances toxiques de l'environnement".
De nombreux soignants et scientifiques s'étaient opposés à la nomination de RFK Jr en raison notamment de ses positions antivaccins. Ils se sont récemment inquiétés de ses dernières prises en parole, entre minimisation de la gravité de l'épidémie de rougeole et promotion de remèdes alternatifs dont l'efficacité n'est pas prouvée pour la plupart.
Plusieurs experts ont également mis en avant le risque de délaisser la recherche sur les maladies infectieuses et leur surveillance, au moment où le nombre de menaces dans ce domaine ne cesse d'augmenter.
"La liste des maladies qui nous inquiètent a vraiment pris une ampleur incroyable", déclarait récemment Jennifer Nuzzo, professeure d'épidémiologie à l'université Brown, évoquant la circulation importante de la grippe aviaire qui fait craindre une nouvelle pandémie potentielle.
W.Lejeune--JdB