Journal De Bruxelles - Le Hamas va rendre en privé dans la nuit quatre corps d'otages retenus à Gaza

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Le Hamas va rendre en privé dans la nuit quatre corps d'otages retenus à Gaza
Le Hamas va rendre en privé dans la nuit quatre corps d'otages retenus à Gaza / Photo: Ahmad GHARABLI - AFP

Le Hamas va rendre en privé dans la nuit quatre corps d'otages retenus à Gaza

Le Hamas va rendre en privé dans la nuit de mercredi à jeudi quatre corps d'otages israéliens morts à Gaza, et a affirmé qu'Israël libérerait en contrepartie plus de 600 détenus palestiniens, dans le dernier échange prévu par la première phase du fragile cessez-le-feu, qui s'achève samedi.

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Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé que, comme l'avait annoncé plus tôt le Hamas, Israël recevrait les corps de quatre otages de Gaza dans la nuit de mercredi à jeudi. "Conformément aux exigences israéliennes", la remise se fera "sans cérémonies du Hamas", a-t-il ajouté.

L'administration pénitentiaire israélienne a dit mercredi soir être en train de faire des "préparatifs" pour leur libération.

Il s'agirait de 602 Palestiniens, qui auraient dû sortir de prison le 22 février, en échange de six Israéliens relâchés par le Hamas, et de 23 autres, femmes et mineurs.

Tous doivent être libérés "simultanément" à la remise des corps "avant minuit", a précisé à l'AFP un responsable du Hamas.

Israël avait annulé au dernier moment les sorties de prison prévues samedi, exigeant la fin des "cérémonies humiliantes" organisées par le Hamas quasiment à chaque remise d'otages.

Ces mises en scène, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, ont été dénoncées à plusieurs reprises notamment par Israël, l'ONU et la Croix-Rouge.

La première phase de la trêve doit s'achever le 1er mars. Elle est entrée en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Elle a jusque-là permis le retour en Israël de 29 otages, dont quatre décédés, sur un total de 33, dont huit morts, devant être remis jusqu'au 1er mars, en échange d'environ 1.100 Palestiniens, sur un total convenu de 1.900.

- "Beaucoup de progrès" -

Mais l'incertitude pèse sur la suite du cessez-le-feu, très fragile et plusieurs fois mis en péril par des accusations mutuelles de violation.

L'armée israélienne a indiqué mercredi avoir frappé des postes de lancement de projectiles à Gaza, après avoir identifié plus tôt un tir, retombé dans le territoire palestinien.

Les termes de la deuxième étape, censée débuter le 2 mars et déboucher sur la fin définitive de la guerre et la libération de tous les captifs encore à Gaza, n'ont toujours pas été négociés.

Mardi soir, l'émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a cependant fait état de "beaucoup de progrès" en vue d'une reprise des pourparlers.

Il a annoncé qu'Israël envoyait une équipe de négociateurs "soit à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer".

Israël n'a pas confirmé cette information.

Après la suspension des libérations de prisonniers palestiniens, le mouvement islamiste avait accusé Israël de "mettre en grave danger tout l'accord de trêve", appelant les pays médiateurs - Etats-Unis, Qatar et Egypte - à intervenir.

Le Hamas s'était auparavant dit prêt à remettre à Israël tous les otages restant "en une seule fois" durant cette deuxième phase.

Sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre en Israël, 62 sont toujours retenus à Gaza, dont 35 morts, selon l'armée israélienne.

- "Ils sont revenus, mais pas vivants" -

En Israël, des dizaines de milliers de personnes se sont massées dans la matinée le long des routes pour saluer le passage du cortège funéraire de Shiri Bibas et ses deux petits garçons, tués en captivité à Gaza et devenus le symbole de la tragédie des otages. La semaine dernière, le retour de leurs dépouilles avait profondément ému le pays.

Lors des funérailles, la famille a demandé à tous les responsables israéliens d'assumer la responsabilité de la mort de leurs proches en captivité. "Ils auraient pu vous sauver mais ont préféré la vengeance", a lancé Ofri Bibas, belle-soeur de Shiri.

Le cortège funéraire, au-dessus duquel flottaient des ballons orange, hommage aux garçonnets aux cheveux roux âgés de huit mois et demi et quatre ans au moment de leur enlèvement, est parti dans la matinée de Rishon Letzion, au sud de Tel-Aviv, en direction de Nir Oz, à une centaine de kilomètres.

"Quand je pense au 7 octobre", dit à l'AFP Aviv Nahman, un habitant de Rishon Letzion, "c'est à cette famille que je pense en premier (...) Et malheureusement, ils sont revenus, mais pas vivants".

L'attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. Au total, 251 personnes avaient été enlevées.

L'offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

R.Cornelis--JdB