Journal De Bruxelles - RDC: le M23 progresse dans l'est vers Bukavu, Kinshasa recrute des volontaires

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RDC: le M23 progresse dans l'est vers Bukavu, Kinshasa recrute des volontaires
RDC: le M23 progresse dans l'est vers Bukavu, Kinshasa recrute des volontaires / Photo: Tony KARUMBA - AFP

RDC: le M23 progresse dans l'est vers Bukavu, Kinshasa recrute des volontaires

Après avoir conquis Goma dans l'est de la RDC, le groupe armé antigouvernemental M23 et l'armée rwandaise progressent dans la province voisine vers la ville de Bukavu où des volontaires ont commencé vendredi à s'enregistrer pour combattre aux côtés de l'armée congolaise en difficulté.

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Goma, capitale de la province du Nord-Kivu coincée entre le lac Kivu et la frontière rwandaise, est tombée ces derniers jours après une offensive éclair de quelques semaines, lancée après l'échec d'une tentative angolaise de médiation entre la RDC et le Rwanda.

Depuis, le M23 et les troupes rwandaises ont progressé dans la province voisine du Sud-Kivu vers la localité de Kavumu, qui abrite un aéroport militaire stratégique et où l'armée congolaise a établi sa principale ligne de défense, à 40 kilomètres au nord de la grande ville de Bukavu et son million d'habitants, selon des sources locales à l'AFP.

Un sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) doit se tenir dans la journée dans la capitale zimbabwéenne Harare. Le président congolais Félix Tshisekedi y participera en visioconférence, selon la présidence, mais pas le président rwandais Paul Kagame.

Interrogé par l'AFP, Kigali a déclaré que le "Rwanda n'est pas un membre de la SADC", selon la porte-parole du gouvernement Yolande Makolo. La SADC compte des soldats déployés dans l'est de la RDC (SAMIDRC), tout comme l'ONU (Monusco), et ces deux forces de maintien de la paix ont payé un lourd tribut cette semaine, avec 17 tués.

L'ONU s'est dite jeudi "très inquiète" sur la situation dans le Sud-Kivu, "qui reste très volatile, avec des informations crédibles de l'avancée rapide du M23 vers la ville de Bukavu", selon Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU.

 

Face à l'aggravation de la situation, le président congolais Félix Tshisekedi a assuré mercredi qu'une "riposte vigoureuse" était en cours.

Vendredi, des files de volontaires venus s'enregistrer pour aller au front ont commencé à se former dans le stade de Bukavu, a constaté un journaliste de l'AFP. La veille, le ministre provincial de l'Intérieur avait appelé les jeunes à s'enrôler.

- Sécuriser la ville -

A Goma, des combats sporadiques se poursuivent dans la périphérie nord mais l'eau courante et l'électricité sont revenues dans plusieurs quartiers.

A côté d'une église au toit crevé par un obus et des boutiques pillées aux portes détruites par des rafales d'armes automatiques, une femme rencontrée par l'AFP, qui ne souhaite pas donner son nom, clame son soutien au M23 et dit espérer qu'ils sécurisent rapidement la ville. Elle file à l'arrivée d'un pick-up du M23, craignant d'être vue avec la presse.

Les affrontements ont fait plus de 100 morts et près d'un millier de blessés, selon les hôpitaux. Ils ont aussi aggravé une crise humanitaire chronique dans une région où, selon l'ONU, plus de 500.000 personnes ont été déplacées depuis début janvier.

 

La Belgique a demandé à l'Union européenne d'envisager des sanctions contre le Rwanda. Londres a menacé jeudi "d'un réexamen de toute l'aide britannique au Rwanda".

M. Tshisekedi a, lui, condamné "le silence" et "l'inaction" de la communauté internationale face à "la barbarie du régime de Kigali", mettant en garde contre "une escalade aux conséquences imprévisibles" dans la région des Grands Lacs.

Jusqu'à présent, les initiatives diplomatiques pour régler le conflit qui dure depuis plus de trois ans n'ont rien donné.

L'est de la RDC est déchiré depuis des décennies par les violences de multiples groupes armés, exacerbées après le génocide de 1994 au Rwanda.

Kinshasa accuse Kigali de vouloir y piller les nombreuses richesses naturelles. Le Rwanda dément, et dit vouloir y éradiquer certains groupes armés qui menacent en permanence sa sécurité selon lui, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), créées par d'anciens responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda.

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O.Meyer--JdB