Journal De Bruxelles - Le dur labeur des ramasseurs de noix du Brésil dans la jungle amazonienne

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Le dur labeur des ramasseurs de noix du Brésil dans la jungle amazonienne
Le dur labeur des ramasseurs de noix du Brésil dans la jungle amazonienne / Photo: Martín SILVA - AFP

Le dur labeur des ramasseurs de noix du Brésil dans la jungle amazonienne

En sueur et assailli par les moustiques, Jorge Lengua ramasse patiemment en pleine jungle les fruits du noyer d'Amazonie desquels sont extraites les noix du Brésil, réputées pour leurs bienfaits nutritionnels et dont la Bolivie est l'un des principaux exportateurs.

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Chaque année, entre décembre et mars, ce paysan de 56 ans se rend dans une réserve indigène du département de Pando, dans le nord de la Bolivie, pour ramasser le fruit à coque du Bertholletia excelsa, un arbre qui peut atteindre 60 mètres de haut et vivre jusqu'à 1000 ans.

Pour éviter les morsures, c'est avec une sorte de longue pince en bois que se ramassent les coques brunes projetées au sol par le vent et la pluie.

Jusqu'à 80.000 familles indigènes participent en Bolivie à la récolte des noix du Brésil, selon Luis Larrea, coordinateur de l'Association bolivienne pour la recherche et la conservation des écosystèmes andins et amazoniens.

Si sa production ne représente que 1 ou 2% du PIB bolivien, sa culture a un intérêt environnemental avec la "conservation de 87.000 km2 de forêt, soit 7% de la surface forestière du pays", estime l'expert.

En 2022, près de 4,5 millions d'hectares ont été convertis en terres agricoles, dont 18% de forêts, selon le ministère de l'Environnement.

En 2020, le pays andin était le premier exportateur au monde de noix du Brésil, selon les dernières données disponibles de l'ONG Instituto Boliviano de Comercio Exterior (IBCE), loin devant le Pérou et le Brésil.

- Homme de l'Amazonie -

Une fois les coques ramassées, Jorge Lengua et son fils âgé de 25 ans, lui aussi prénommé Jorge, s'installent sous un imposant arbre pour les fendre à coups de machette et en retirer les graines blanches recouvertes d'une épaisse enveloppe brune et vantées pour leurs qualités nutritionnelles.

"C'est ça la vie d'un homme de l'Amazonie", contemple l'homme chaussé de bottes en caoutchouc blanches tout en mâchant des feuilles de coca pour avoir "plus d'énergie".

Pour chaque sac de 70 kg de noix du Brésil vendu, le paysan obtient l'équivalent d'une quarantaine de dollars. Cependant, il déplore une mauvaise année pour le commerce de ce "produit de luxe" entre guerre en Ukraine, pandémie et inflation.

En raison de la pandémie, les expéditions vers le marché européen ont été retardées, souligne notamment Mauricio Valdez, directeur de Tahuamanu, l'une des principales entreprises de transformation de noix amazoniennes en Bolivie.

En 2022, les Pays-Bas (35%), les Etats-Unis (20%) et l'Allemagne (14%) ont été les principales destinations des exportations de noix du Brésil, pour un total de 250 millions de dollars, selon l'IBCE.

En France, le kilo de noix du Brésil décortiquées se négocie entre 25 et 60 euros le kilo, selon le contenant. Plus cher que les amandes ou autres noix de cajou.

D.Verheyen--JdB